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Stimuler le parasympathique

Le système nerveux végétatif se divise entre systèmes, sympathique et parasympathique.

1. La composante sympathique prépare à l’activité physique, voire intellectuelle, et potentialise les réponses de fuite et de lutte : elle accélère le rythme cardiorespiratoire, augmente la pression artérielle, dilate les bronches et les pupilles, et diminue l’activité digestive. Adrénaline et noradrénaline sont à la manœuvre.

2. La composante parasympathique ralentit ce que la sympathique a accéléré, et favorise la digestion et l’activité sexuelle. L’acétylcholine en est le médiateur. Elle va moduler l’excès de stress et d’anxiété, diminuer l’inflammation et l’appétit, et favoriser un état de calme.
La branche ventrale de ce nerf vague a une fonction motrice et sensitive, mais surtout modératrice du fonctionnement cardio-vasculaire, pulmonaire et digestif. Ainsi elle informe en permanence le système nerveux central du fonctionnement de ces fonctions, consciemment ou non.
La branche dorsale, quant à elle, est en lien avec un état de figement transitoire, ce qui signe une fois encore les liens entre émotions et excès de stress (y compris la douleur).

Différents symptômes signent une hypotonie de ce nerf vague, dont une inflammation, ce qui signifie qu’une stimulation de ce nerf peut être un outil thérapeutique dans le traitement des pathologies inflammatoires (MICI, polyarthrite, psoriasis…).
Une diminution de la variabilité de la fréquence cardiaque (VFC) reflète cette hypotonie : notre cœur ne bat pas régulièrement, la durée de l’intervalle entre deux battements consécutifs s’adapte en permanence à nos activités corporelles, intellectuelles ou émotionnelles. Une variabilité élevée signe donc un bon équilibre adaptatif, par exemple au stress.
Inversement une inhibition du tonus vagal et donc une variabilité faible, traduisent un système rigide se manifestant par des difficultés à faire face aux contraintes extérieures et intérieures. C’est ainsi qu’elle est diminuée chez les personnes souffrant d’anxiété, de stress chronique, de pathologies inflammatoires, de diabète (Silva 2016).

Typique des douleurs entretenues par le système sympathique, de cause encore méconnue, le syndrome douloureux régional complexe (SDRC) fait le plus souvent suite à une blessure physique, ou à une intervention chirurgicale. Il se caractérise par le maintien de la douleur au-delà de la lésion d’origine, avec des anomalies de trophicité, gonflement, hypersudation ou anhidrose, modification de température, réduction de pilosité….
De même les tentatives répétées de contrôle des douleurs, augmente l’activité sympathique.

Comment augmenter l’activité vagale ?

-  En cas d’urgence, comme lors de la tachycardie de Bouveret, le massage carotidien, le réflexe de vomissement, les manœuvres de Vasalva ou les compressions des globes oculaires, permettent de ralentir le rythme cardiaque.

-  Dans un objectif anti-inflammatoire, la neurostimulation du nerf vague à partir d’une implantation sous-claviculaire est utilisée dans certains cas d’épilepsie, de dépression, de MICI, de polyarthrite.Moins invasive, la stimulation se fait également à partir de la conque de l’oreille gauche.

Des stimulations électriques sont également proposées dans le traitement de l’épilepsie et des dépressions majeures, ainsi que pour réduire l’obésité ou le diabète.

Depuis une dizaine d’années, différentes études (Lumma 2015) montrent que la méditation augmente l’activité vagale, la variabilité cardiaque et réduit l’inflammation.Elle réduit également celle du sympathique (Carlson 2007).
L’association avec une expiration lente et prolongée, va amplifier cette stimulation parasympathique.