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MBCT et dépression, mode d’emploi

Face à la dépression, l’arme principale des thérapies cognitives est l’identification de nos pensées automatiques (PA), et de nos schémas, au cours du traitement des informations.

  1. Les PA, non volontaires par définition, paraissent plausibles voire évidentes, souvent liées à des émotions. Occupant une petite partie de l’ensemble de nos pensées, elles deviennent quasi permanentes en cas de dépression, de façon auto-dénigrante, et négative concernant l’environnement et le futur. De plus ces PA sont souvent dichotomiques : ’’Je dois toujours faire en sorte d’être aimé par tout le monde, je dois toujours faire le bonheur des autres avant le mien, je dois toujours tout contrôler...’’


    Ces PA peuvent être mises en évidence par exemple avec la rédaction d’un livre de bord (Beck), ou de questionnaires validés (Hollon et Kendall), avec une attention particulière lors des émotions.


    Cette identification des PA est utilisée en thérapie cognitive classique, ainsi qu’en MBCT.

  2. Les schémas (Beck) ou postulats silencieux (Ellis) sont moins facilement accessibles à la conscience. Ils contiennent un ensemble de savoirs acquis, déterminés par des expériences précoces, la culture, le milieu social, et sont renforcés par les expériences de la vie quotidienne.
    Ces ’’croyances’’ permettent une adaptation rapide aux événements, mais deviennent dysfonctionnels en cas de rigidité ou de généralisation excessive, avec des thèmes de prédilection : Le perfectionnisme, le besoin d’être approuvé, l’autonomie, l’amour...


    La MBCT, thérapie cognitive par définition, mentionne les propositions suivantes, en commun avec les thérapies cognitives classiques :

  • Nous ne sommes pas nos pensées.
  • Nos pensées ne sont que des créations de notre esprit, elles ne reflètent pas la réalité, elles ne sont sont pas des faits.
  • L’attention est portée essentiellement sur le présent, à l’inverse de la psychanalyse par exemple.


    Ce qui caractérise la MBCT est une attitude d’ouverture, d’acceptation, de curiosité, de ce qui peut arriver à la conscience (pensées, sentiments, émotions, sensations), le but n’étant pas de modifier ce contenu, mais de changer nos relations à ces pensées, sensations, sentiments.


    Une attente d’un changement restreignant la perception de l’expérience, on apprend par l’expérience directe, par prise de conscience du vécu, et non par une interprétation intellectuelle.
    On est invité à ’’se libérer du connu’’ (comme le proposait Krishnamurti pour qui aucun livre, aucune autorité, aucun maître ne donneront la vérité, et qui préconisait aussi le lâcher-prise et l’acceptation).


    Les rechutes dépressives sont initiées par une plus grande tendance à la rumination mentale, et par le fait qu’une légère altération de l’humeur peut entrainer un changement important et dévastateur dans les schémas de pensée.


    La pleine conscience, en encourageant une relation décentrée par rapport aux contenus mentaux, et en facilitant la reconnaissance des changements d’humeurs, permet de lutter plus efficacement contre ces rechutes : Elle diminue en effet de moitié les risques de rechute après au moins trois accès dépressifs, par rapport aux autres thérapies.

    C.H.