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Acceptation versus résignation

Un des mots-clés de la méditation est précisément l’acceptation de ce qu’on ne peut pas changer, suivie du lâcher-prise. Arrêter de s’évertuer à vouloir changer une expérience sans issue, ne rien faire, est parfois la meilleure solution pour sortir d’une impasse, qu’elle soit émotionnelle, sensorielle, ou psychologique :

-  Emotionnelle : Une stratégie de suppression des émotions (par exemple, essayer de ne pas l’exprimer sur son visage) est peu efficace, et aboutit à long terme à une augmentation de cette émotion (Wegner 1997). La souffrance émotionnelle résulterait donc davantage de la non-acceptation, que de la nature de l’émotion elle-même.

-  Sensorielle : une méta-analyse (Kohl 2012) a établi la supériorité des stratégies d’acceptation en termes de tolérance à la douleur. Par exemple, chez les personnes atteintes de fibromyalgie, le fait de ne pas chercher à contrôler la douleur, diminue l’impact des émotions négatives qui vont, en retour, amplifier l’intensité algique (Van Koulil 2010).

-  Psychologique : McCraken (2010) par exemple a montré que cette attitude permet d’atténuer la dépression, le handicap physique et psychosocial, et l’anxiété liée à la douleur.

La majorité des études établissent donc la supériorité de cette stratégie d’acceptation (versus évitement, distraction, réévaluation, suppression), sans conceptualisation ni évaluation des ressentis, est favorable au développement des facteurs de mieux-être et de tolérance à la douleur (Kohl 2012).

Il va donc être question de consentir à prendre conscience de ces expériences sensorielles et émotionnelles. Cet acquiescement, à priori contre-intuitif, contre-productif et paradoxal, se révèle pourtant gratifiant.
Il ne s’agit donc pas d’acceptation de la douleur en tant que telle, ce qui ressemblerait au fatalisme, à la soumission, à l’abdication, à la résignation.

Consentir à ne plus lutter contre les expériences indésirables, mais les observer en prenant un peu de distance, permet de s’en décentrer.